Nous faisions le chemin à
vélo

par les sentiers de traverses
les soirs d'été, nos coeurs méli-mélo
nous emportaient dans l'ivresse.
Couchés sur l'herbe près d'un ruisseau
nous observions le décor
que nous offrait comme un cadeau,
la plaine endormie sous nos corps.
Tous deux pris dans son berceau,
sommeillions jusqu'à la brune,
exaltions sans nul sursaut
sous l'épanouissement de la brume.
Il court toujours le temps qui passe,
ils passent les jours qui
s'effacent,
Refrain
un souvenir comme une trace,
cette nostalgie qui nous enlace.
Puis il fallut nous mettre à dos
ce paysage aux mille fleurs,
afin de gagner le hameau,
la providence avait son heure.
Nous prenions les layons des sous-bois
quand l'automne prenait mine,
sa feuillée devenait notre toit,
une solide charpente de cimes.
Nous rêvions de l'épopée d'un Roi
et la forêt se faisait empire,
tables rondes aux nappes de soie,
irréelles chandelles de cire.
Preux chevaliers de chevaux de bois,
cheveux au vent dans un galop,
nous dressions notre emblème de croix,
tous deux, fiers de notre boqueteau.
Le 10 novembre 2001 (texte protégé)
Christophe MONFORT
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