NAGUERE, IL Y AVAIT UNE VILLE

L'homme a levé les armes
pointant vers l'horizon,
et non pas par mégarde
a tiré sans sommation.

Dans la rue principale
une bombe est tombée,
balayant dans sa rage
des personnes par millier.

Des cris s'élèvent au ciel
en demandant, pourquoi ?
mais dans leur élan cruel,
les obus n'entendent pas,
ça n'en finit pas, ça n'en finit pas.

Naguère, il y avait une ville,
au teint sauvage, couleur violine,
cité charmante et bruyante,                                             Refrain
pleine de vie, pleine de gens
sans complexe et innocents.

Le peuple a fait naufrage
dans un sanglot de sang,
le coeur trempé de larme
par le mal envahissant.

Et dans ce grand village
on distingue à l'aurore,
dans un épais brouillard,
l'ombre d'une âme sans corps.

Soudain surgit du ciel,
une colombe en éclat
qui, face aux ruines de pierre,
prie pour la dernière fois,
c'est fini déjà, c'est fini déjà.


Le 18 juin 1990 (texte protégé)

                                                                                            Christophe Monfort

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